Actions ponctuelles de protection :
Le lancement du plan de sauvegarde de l'Aigle de Bonelli, avec le soutien financier du Ministère de l'Environnement. Ce "plan Bonelli" se déclinait selon les objectifs suivants :
Lancement d'un projet de sauvegarde des habitats de l'Aigle de Bonelli dans le cadre des Actions Communautaires pour l'Environnement (A.C.E. 224/88/02/-8 "Sauvegarde des habitats d'Hieraaetus fasciatus dans le midi de la France"). Les objectifs fixés étaient :
Différentes études scientifiques et actions de
sensibilisation du public ont été menées :
Les Plans Nationaux de Restauration (PNR) sont la formulation de la politique de l’état en matière de conservation d’espèces mis en œuvre par le
Ministère de l’Écologie et du Développement Durable (MEDD).
Ils répondent à la « Stratégie Nationale pour la Biodiversité » issue de la conférence de Rio de 1992.
Leur élaboration et mise en œuvre relèvent d'une démarche nationale et s’inscrivent dans une approche globale.
Chaque plan est spécifique à une espèce ou à un ordre et est élaboré pour des espèces dont le statut de conservation est défavorable. Actuellement il existe 16 PNR.
Les critères de choix des espèces sont les suivants :
Ces plans sont des documents d’orientation pour les établissements participant à leur mise en œuvre. Ils sont basés sur trois axes qui sont : la connaissance, la conservation, la sensibilisation.
Le plan présente dans une première partie :
La seconde partie concerne la stratégie de conservation, établie pour 5 ans, qui doit définir les actions à mettre en œuvre pour enrayer les menaces touchant l'espèce. Un groupe de travail composé d'experts rédige le plan de restauration qui sera présenté au Conseil National de Protection de la Nature par le Ministère de l'Environnement. Une fois validé, le plan est mis en œuvre par un opérateur nommé par le Ministère de l'Environnement. Le Ministère institue un Comité de pilotage du Plan, chargé d’évaluer chaque année les actions réalisées, de définir les actions prioritaires à mener pour l’année suivante et d’évaluer en fonction des moyens disponibles, la répartition des moyens humains et financiers nécessaires par action.
C'est en 1999 que le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement MATE (ancien MEDAD) a initié le premier plan de restauration «Aigle de Bonelli» (PNRAB) couvrant une période de 5 ans.
La mise en œuvre du PNRAB a été confiée à un collectif alors constitué du Conservatoire Études Écosystèmes de Provence (CEEP), du Centre Ornithologique Rhône-Alpes (CORA) et de la LPO Mission FIR (Fonds d'intervention pour les rapaces) et du Groupe de Recherche sur les Invertébrés et les Vertébrés et leur Environnement (GRIVE) chargé d'en assurer la coordination.
Le collectif pendant son mandat a mené différentes actions pour assurer la conservation de l'espèce. Ces actions avaient pour objectifs de :
La survie de l'espèce étant étroitement liée à la survie des adultes, la perte d'adultes victimes de tir ou de piégeage a un impact important sur l'ensemble de la population. C'est ainsi que le collectif a initié une phase de sensibilisation auprès des acteurs locaux visant à informer les fédérations de chasseurs et leurs adhérents du statut précaire de cette espèce.
Le recrutement de nouveaux sites ou de sites laissés vacants est assuré par les jeunes. Ils sont cependant les principales victimes de pylônes électriques (94% des morts constatées par électrocution).
L'identification des pylônes les plus dangereux et leur neutralisation avait déjà fait l'objet d'une convention entre le CEEP et le centre EDF des Bouches du Rhône en 1994. Lors de cette première phase du PNRAB plus de 500 poteaux électriques ont été neutralisés sur le territoire de 15 couples d'Aigles de Bonelli de la région PACA.<
Le moindre dérangement peut occasionner l'échec de la reproduction d'un couple. Prés de 32 sites sont contrôlés en moyenne chaque année et pour protéger les sites les plus fréquentés et sensibiliser les adeptes des sports de plein air à la protection de l'espèce, les bénévoles et salariés du collectifs assurent une présence sur ces sites du mois de février au mois d'août.
De 1999 à 2003 cela représente plus de 18 000 heures de surveillance des 4 à 9
sites les plus utilisés pour la pratique des activités de plein air.
En plus de la sensibilisation faite sur ces sites, le collectif a élaboré et mis
en place des panneaux signalant la réglementation des Arrêtés Préfectoraux de
Protection de Biotope (APPB). Il a également mené des négociations qui ont
abouties à la déviation et à la fermeture de sentiers de randonnée ainsi qu'au
déséquipement de voies d'escalade et à la mise en place d'une charte "escalade".
Pour ce qui concerne les modalités d'utilisation d'affûts de chasse à proximité
de sites de nidification une convention a été signée avec l'ONF et une
Association Communale de Chasse Agréée (ACCA).
Sur la période de 1990 à 1998, 6% des échecs de
reproduction sont imputables à la trichomonose. Cette maladie touche les
poussins et pour améliorer le succès de reproduction une campagne de traitement
systématique a été lancée en 2000 et poursuivie jusqu'en 2004.
Aujourd'hui le traitement est arrêté, cala permettra de vérifier que le parasite
représente encore une menace pour les jeunes Aigles. De plus, l'arrêt de ce
traitement représente une mesure préventive car éliminer systématiquement le
parasite ne permet pas à l'Aigle de développer une résistance à la maladie. Il
est préférable d'étudier les effets d'un traitement continu avant de le
poursuivre.
Les objectifs du PNRAB visent également à
augmenter l'accès aux proies pour assurer à la femelle des quantités de
nourriture suffisantes qui lui permettent de former des œufs et d'alimenter les
poussins. Les proies préférées de l'Aigle de Bonelli sont la Perdrix Rouge et le
Lapin de garenne.
Une gestion concertée en Ardèche impliquant le collectif et d'autre structure a
permis de réaliser des actions en faveur de ces deux espèces proies. Dès 1993 le
collectif a mesuré l'intérêt de concerter et collaborer avec les acteurs locaux.
C'est ainsi qu'un partenariat entre le CORA, le Syndicat Intercommunal des
Gorges de l'Ardèche et de leur région naturelle (SIGARN), les associations de
chasseurs et l'ONF a permis de réaliser des aménagements favorables aux espèces-
proies.
Limiter la destruction des domaines vitaux
nécessite d'acquérir davantage de connaissances sur l'espèce. De 1994 à 2003 le
suivi réalisé par le CORA a permis de déterminer le domaine vital de deux
couples.
L'enjeu de ces études étant de proposer des mesures de gestion adaptées, de
localiser les secteurs d'intérêts et de prendre en considération le territoire
de l'Aigle dans les schémas d'aménagements du territoire.
La campagne de baguage député en 1990 se poursuit afin de constituer une banque de données qui permettra l'étude de la dynamique des populations sur un échantillon fiable.
L'étude de la dynamique des populations permettra également de déterminer si il est oui ou non utile à l'espèce d'effectuer des opérations de renforcement.
En 5 ans, le collectifs via de nombreux supports s'est lancé dans une campagne de sensibilisation touchant un vaste public:
Afin de poursuivre les actions de sauvegarde le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable, maître d'ouvrage du plan a délégué sa tutelle à la DIREN Languedoc Roussillon. La maîtrise d'œuvre de la deuxième phase (2005-2009) a été confiée au Conservatoire des Espaces Naturels du Languedoc Roussillon (CEN LR) qui coordonne un collectif associatif composé de:
En intégrant le collectif, le CEN LR a souhaité mettre l'emphase sur la concertation et développer une dynamique partenariale avec les acteurs locaux de manière à assurer une gestion intégrée des milieux de vie de l'Aigle de Bonelli. Les principales actions du programme visent à :
Le suivi des sites favorables à la nidification a permis de détecter le retour d'un couple sur un site abandonné dans les Pyrénées Orientales. La surveillance du couple a permis de limiter les sources de dérangements garantissant ainsi l'envol d'un jeune.
Le traitement systématique de la trichomonase a été interrompu, les soins restent ponctuels. En 2006, lors d'un baguage 4 poussins porteurs du parasite ont pu être soigné.
Les démarches auprès des centres EDF de chaque départements se poursuivent, par exemple la convention signée entre le collectif et EDF Gard en 2001 a permis entre 2001 et 2002 de cartographier les lignes les plus dangereuses, les premiers travaux de neutralisation de lignes ont commencé en 2004. Le budget alloué ne permettant pas de traiter plus de 5km de lignes par an, le collectif recherche de nouveaux financements pour accélérer un processus qui pourrait prendre plusieurs dizaines d'années.
L'étude de la dynamique de la population de
Bonelli nécessite un jeu de données important pour être réalisable. Ainsi, le
programme de baguage mis en place en 1990 par Gilles Cheylan se poursuit (il est
maintenant assuré par Nicolas Vincent-Martin du CEEP). De 1990 à 2006, 377
jeunes ont ainsi été bagués.
Le programme de lecture des bagues continu et s'amplifie puisque une subvention
a été accordé pour permettre de compléter les données en région PACA.
Une étude réalisée sur la population espagnole d'Aigle de Bonelli (Ontiveros et al, 2005) démontre que l'accessibilité aux proies (mesurée par la structure de la végétation) influence tout autant que la quantité de proies disponibles le succès reproducteur d'un couple. Afin d'ajuster les mesures de gestion des sites occupés, le collectif a entrepris de cartographier l'évolution de la végétation sur 40 ans et de mesurer la densité de Perdrix rouge et de Lapin de garenne.
En 1997 le Groupement d'Hélicoptères de la
Sécurité Civile (GHSC) créée à Nîmes un centre d'instruction. Les Gorges du
Gardon présente un site idéal pour l'entraînement des pilotes mais c'est
également une zone de reproduction pour l'Aigle Bonelli et le Vautour
Percnoptère. Le survol fréquent des gorges par les hélicoptères est une source
de perturbation pour les Aigles.
Le Syndicat mixte du Massif et des Gorges du Gardon a donc pris contact avec le
GHSC en 2006 pour les informer des enjeux environnementaux et des la première
rencontre le GHSC sensible à la conservation des espèces présentes s'est engagé
à réduire ses activités dans les gorges pendant la période de reproduction. Une
charte devrait être signé entre les 2 acteurs.
Ponctuellement des actions de sensibilisations sont menées pour modifier des sentiers de randonnées ou pour déséquiper des voies d'escalade en zone sensible, la distribution de plaquettes ou l'insertion de points d'informations dans des revues spécialisées permet d'appuyer la démarche et d'expliquer aux acteurs concernés l'utilité des actions menées par le collectif. -En 2006, 2 numéros du Bonelli info (6 et 7) ont été édités et une plaquette « Vivre avec l'Aigle de Bonelli » a été réalisée et distribuée aux partenaires et acteurs locaux.
En 2005 un dossier Life Conservation de l'Aigle de
Bonelli sur 5 sites du sud de la France (COFRAB) a été déposé. Il visait la
conservation de 12 couples présents sur 5 ZPS et devait favoriser la
réoccupation de sites abandonnés.
Les objectifs visaient à réduire les facteurs de mortalité, sensibiliser les
acteurs locaux, améliorer la concertation. Malheureusement le dossier n'a pas
été retenu par la Commission européenne.
Le Programme Life dans les Corbières CONSAVICOR a
vu le jour et couvre la période 2005-2009.
Il a pour but la conservation d'espèces d'oiseaux rares au niveau français et
européen présents dans les Corbières.
Face au problème de la fermeture des milieux révélés par les premiers résultats de la cartographie des sites, dès 2006 le CEN LR et la FRC LR se sont mobilisés pour la « Mise en œuvre de mesures de gestion favorables à la petite faune sédentaire de plaine sur 6 sites pilotes des ZPS désignées pour l'Aigle de Bonelli de l'Hérault ».
Site réalisé avec le soutien du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables
Cédits photos : Hélène Arnaud, David Lacaze, Alain Ravayrol, Regard du Vivant - Conception : Laetitia Lhuillet - Webmestre : CEN L-R