Plan national de Restauration de l'Aigle de Bonelli

Evolution de la population

Au cours du XXe siècle le nombre de couples nicheurs en France a diminué de plus de la moitié passant de 80 couples en 1960 à 23 en 2002.
Depuis 2002 la population semble se redresser mais avec 27 couples nicheurs en 2007 l'avenir de cette espèce reste incertain.


Productivité des couples

Si la population tend à se redresser ces dernières années, il n'en reste pas moins que la productivité des couples est faible (la productivité est le rapport du nombre de jeunes envolés sur le nombre de couple ; si celui-ci et de 1, un couple produit en moyenne un jeune).
Hors mis pour 2003 où la reproduction a été bonne, il convient de noter le faible succès reproducteur de l'espèce.


Facteurs de déclin

Si la situation de l'Aigle de Bonelli est aujourd'hui alarmante, c'est parce que l'espèce est très durement affectée par les persécutions dont il fait l'objet mais également par les activités humaines qui perturbent la stabilité des couples et par conséquent leur reproduction.

Les principaux facteurs affectant la population sont les suivants :

La persécution

Il s'agit du tir principalement mais aussi du piégeage et d'empoisonnement.
Ces persécutions volontaires représentent la menace principale avérée pour la survie de l'espèce lorsqu'elles touchent des adultes. L'Aigle de Bonelli est une espèce longévive et la survie de l'espèce dépend donc la survie des adultes

Les électrocution

Les rapaces en milieu ouvert guettent leur proie depuis un poste d'observation en hauteur. De par leur envergure, lorsqu'ils se posent sur les armatures métalliques des poteaux électriques moyenne tension les ailes touchent les câbles et l'oiseau s'électrocute. De 1990 à 1998, 17 Aigles (94 % des cadavres), ont été retrouvés électrocutés, c'est la cause de mortalité identifiée la plus fréquente chez les juvéniles en France.

Les dérangements

La fréquentation humaine à proximité des sites de nidification affecte le succès de reproduction des couples d'Aigles de Bonelli. Les dérangements son d'ailleurs de plus en plus fréquents étant donné l'essor que connaissent aujourd'hui les activités de pleine nature telles que l'escalade, le quad, la moto cross, la randonnée, le canöe, vol à voile…. Le survol des sites par des avions et des hélicoptères ainsi que l'extension de l'urbanisation ne font qu'accroître cette menace.

La trichomonose

Cette maladie a été mise en évidence lors des suivis et des opérations de baguage et se caractérise par la formation d'abcès dans la bouche et le jabot des aiglons. Les jeunes ne peuvent alors plus s'alimenter normalement et peuvent décéder par inanition ou étouffement. Cette maladie a causé en France, la mort d'au moins sept aiglons entre 1990 et 1998. Celle-ci est due à la présence d'un protozoaire flagellé Trichomonas gallinae, qui se transmet d'oiseau à oiseau lors du nourrissage, soit directement par le bec si les adultes sont porteurs sains, soit par des proies infectées.

Le destruction des habitats

Les domaines vitaux des couples d'Aigle de Bonelli sont, en France, souvent situés à proximité de villes moyennes et grandes et toujours sur des sites touristiques ou attractifs. L'urbanisation et la construction d'infrastructures touristiques et de transport détruisent immanquablement ces domaines vitaux.

L'évolution des paysages

L'Aigle de Bonelli fréquente les milieux ouverts d'une mosaïque agricole méditerranéenne composée de garrigue, de parcours pâturés, de vignes et de cultures (blé dur, luzerne...). Les modifications des pratiques agricoles (déprise, intensification , déclin de l'élevage ovin) contribuent à modifier les paysages et à réduire les habitats favorables aux espèces-proies que sont principalement la Perdrix rouge et le Lapin de garenne.

La compétition interspécifique

Des études menées dans le sud de l'Espagne ont mis en évidence une compétition pour les sites de nidification entre l'Aigle de Bonelli, l'Aigle royal, le Faucon pèlerin et le Vautour fauve. En France, deux cas d'occupation d'anciens sites d'Aigles de Bonelli par des couples d'Aigles royaux ont été recensés.

Site réalisé avec le soutien du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables 
Cédits photos : Hélène Arnaud, David Lacaze, Alain Ravayrol, Regard du Vivant - Conception : Laetitia Lhuillet - Webmestre : CEN L-R