Plan national de Restauration de l'Aigle de Bonelli

Classification

Nom français : Aigle de Bonelli
Nom latin : Aquila fasciata
Embranchement : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Accipitriformes
Famille : Accipitridés

On distingue deux-sous espèces : Aquila fasciata fasciata (Viellot, 1822) présente de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique et Aquila fasciata renschi (Stresemann, 1932) vivant sur quelques îles de la Sonde, en Indonésie (De par son isolement géographique, elle pourrait constituer une espèces à part entière).

A noter également l’existence de l’espèce Aquila spilogaster (Bonaparte, 1850), espèce étroitement apparentée à l’Aigle de Bonelli, et qui forme avec elle une super-espèce (elle était autrefois considérée comme une sous-espèce). Elle se rencontre en Afrique, de la Sénégambie à l’Ethiopie et la Somalie à l’Afrique du Sud.

Description

Envergure : 145-180 cm
Longueur : 58-60 cm
Poids : 1,5 à 2,2 kg
Dimorphisme sexuel : La femelle est souvent plus trapue et plus grande que le mâle.
Voix : Lors des parades nuptiales, il émet un « guw-guw-guw », rappelant le cri de la Macreuse noire.
Durée de vie : l’Aigle de Bonelli peut atteindre dans la nature l’âge de 25 à 30 ans.

Identification

C’est un Aigle de taille moyenne, aux ailes plutôt larges, courtes et arrondies. Sa queue, longue et fournie, présente une large bande subterminale, qui lui confère le nom d’Aigle à queue barrée. Sa silhouette en vol fait penser à une bondrée apivore (très grande). Son plumage dorsal est brun sombre orné, entre les épaules d’une tâche pâle qui s’agrandit avec l’âge. Les parties inférieures blanches, sont tachetées de flammèches brunes, contrastant avec les ailes sombres. Le bec de l’Aigle de Bonelli est gris bleu, la cire et les patte sont jaunes et l’iris prend des teintes allant du jaune vif au brun sombre selon les individus. Les jeunes se distinguent des adultes par leurs ailes plus fines et leur queue plus courte mais surtout par leur face inférieure brun roux. Ils acquièrent souvent leur plumage adulte vers l’âge de 3-4 ans.

Mâle adulte Couple de Bonelli Femelle de Bonelli

Régime alimentaire

Il est diversifié et varie en fonction des ressources locales.
En période de reproduction, la majorité des proies consommées sont des mammifères (Lapin de garenne) alors que le reste de l’année, son régime alimentaire est composé majoritairement d’oiseaux (Perdrix rouge).

Les données issues de la détermination de proies dans les trois régions où l’espèce niche (Provence Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon) montrent une prépondérance des oiseaux dans le régime alimentaire de l’espèce :
 

 Années des collectesNombre de proies identifiéesOiseauxMammifèresReptiles
   Nombre d’espèces% de proiesNombre d’espèces% de proiesNombre d’espèces% de proies
PACA1969 à 19972 6004966252935
LR1991 à 1998167257641717
Ardèche1990 à 199851137132712

Tableau : Évaluation du régime alimentaire de l’Aigle de Bonelli en France (sources : CEEP/CORA/LPO)

Technique de chasse

L’Aigle de Bonelli capture souvent les oiseaux quand ils s’envolent, mais il peut également chasser ses proies, à la manière de l’Autour des palombes, en les poursuivant sur une longue distance entre les buissons et les arbres. Il parcoure alors fréquemment les mêmes trajets. Il lui arrive également de chasser à l’affût.

Reproduction

L’Aigle de Bonelli ne se reproduit généralement qu’à l’âge de 3-4 ans.
Un cas de reproduction avec un des deux oiseaux âgé de deux ans a toutefois été noté (Marmasse, comm. pers.).

L'installation

Les adultes sont attachés à leur territoire toute l’année, et généralement toute leur vie. Les couples sont donc fidèles à leur site de reproduction. Le territoire des Aigles ou site de nidification et les zones de chasse correspondent au domaine vital du couple. Les parades nuptiales débutent à l’automne (fin octobre/début novembre) et se caractérisent par des longs vols aériens au cours desquels les oiseaux exécutent des figures en piqués. Ces vols ont lieu à proximité de l’aire et sont plus fréquents deux mois avant la ponte.

Le site de nidification

Les parades sont suivies de la construction ou de la réfection du nid, assurée par les deux oiseaux puis par le mâle seul. Elle se traduit par l’apport de branches mortes puis de branches vertes. Ces dernières témoignent de l’occupation prochaine de l’aire de nidification.

Les nids sont généralement placés dans une vire ou une grotte, situé dans les deux tiers supérieurs d’une falaise. Quelques cas isolés d’installation d’aires dans des arbres (Bouches-du-Rhône et Aude) ou sur un pylône haute tension (Provence) ont été constatés.

La ponte

Elle a lieu entre mi-février et début mars et comprend le plus souvent 2 œufs (1-3), pondus à intervalles de 2 à 3 jours.

L'incubation

C’est la femelle qui assure l’essentiel de la couvaison, qui dure de 38 à 42 jours. Il est donc rare que la femelle quitte le nid, et si elle le fait, elle ne s’éloigne guère.

L'élevage

Les aiglons restent au nid de 50 à 65 jours. Pendant les premiers jours après l’éclosion, la femelle s’occupe activement des jeunes puis progressivement son temps de présence au nid diminue. Le couple passe alors la plupart de son temps à chasser et à se reposer plus ou moins près de l’aire. Les aiglons quittent l’aire entre fin mai et début juillet, mais séjournent dans le domaine vital pendant plus d’un mois après leur envol. Ils ne quitteront définitivement le site qu’au bout de deux mois.

Son territoire

L’Aigle de Bonelli est strictement inféodé aux milieux semi-arides des régions ensoleillées de type méditerranéen. En France, l’espèce occupe l’arrière-pays de la côte méditerranéenne.

Son territoire de chasse est constitué de milieux ouverts tels que les garrigues, les pelouses à Brachypode rameux (Brachypodium retusum ou Baouque en occitan et en provençal), entrecoupées de vignes et de coteaux calcaires. Il est généralement situés en dessous de 700 mètres d'altitude.

Il niche généralement sur des falaises typiques des reliefs méditerranéens de basses altitudes: escarpements, gorges, puechs, barres...

Domaine vital

Cette notion est fréquemment employée pour les grands rapaces. Elle englobe le territoire ou site de nidification et les zones de chasse.

L’étude de ces domaines vitaux a débuté en 1994 grâce aux suivis visuels mis en place par les associations de protection de la nature impliquées dans la conservation de l’Aigle de Bonelli (CORA).

Ainsi, par exemple, le suivi des deux couples nicheurs de l’Ardèche, réalisé entre 1994 et 2003, a permis d’évaluer la superficie moyenne des deux domaines vitaux à 68 et 148 km². Toutefois, la zone réellement fréquentée s’élève à 42 et 52 km².

L’analyse des données récoltées a permis de révéler que la composition du couple influait sur la taille du domaine vital : les superficies du domaine vital du couple stable varie en fonction des saisons.

La zone fréquentée est relativement restreinte en début et milieu de période de reproduction alors qu’elle s’accroît après l’envol des jeunes.

Ces constats indiquent que le couple exploite de façon optimale son domaine vital de taille réduite et constante.

Dans le second cas, les divers partenaires occupant le site ont un domaine vital deux fois plus étendu que celui du couple stable. Ceci s’explique par l’inexpérience des partenaires recrutés qui prospectent aléatoirement leur milieu à la recherche de zones de chasse.

Aire de Répartition

L’aire de distribution de l’Aigle de Bonelli s’étend de la péninsule ibérique jusqu’en Iran et en Chine en passant par le nord du Maghreb, la Grèce, le Proche-Orient et la péninsule arabique.
La population la plus importante se situant sur le sous-continent indien.

La France se situe en limite nord-occidentale de son aire de répartition. La population nationale comprend en 2005, 28 couples répartis sur sept départements du pourtour méditerranéen.

Carte de répartition des couples d’Aigle de Bonelli nicheurs en France en 2005

Mouvements dans l'aire de répartition

LLes adultes sont sédentaires et restent toute l’année sur leur territoire.

Les jeunes sont quant à eux, très erratiques et se déplacent loin de leur site de naissance (ex : ce jeune Aigle de Bonelli observé dans le Doubs – Bulletin d’info n°6)

Statuts de conservation

A l'échelle nationale

L’Aigle de Bonelli, comme toutes les espèces de rapaces, est une espèce protégée en France, au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Au niveau français, l’espèce est inscrite sur la liste rouge de la faune menacée dans la catégorie « en danger ».

A l'échelle de l'union européenne

L’Aigle de Bonelli figure à l’annexe I de la Directive “Oiseaux”, 79/409/CEE relative à la conservation des oiseaux sauvages. Elle vise à assurer la protection de toutes les espèces d'oiseaux désignées en annexe I de la dite Directive et elle permet la désignation de Zones de protection spéciales qui sont destinées à renforcer le réseau Natura 2000. Il est également inscrit à l’annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe. Au niveau européen, l’Aigle de Bonelli est classé dans la catégorie « SPEC 3 », correspondant à la catégorie des espèces dont les populations ne sont pas concentrés uniquement en Europe, mais dont le statut de conservation y est défavorable (critères définis par Birdlife, Tucker and Heath, 1994).

A l'échelle internationale

L’espèce est inscrite dans la catégorie « en danger » (EN), d’après les critères du livre rouge de IUCN. Cette catégorie est attribuée aux espèces bénéficiant d’un statut de conservation défavorable en Europe car elles sont considérées comme courant un risque élevé d’extinction dans la nature (IUCN, 2001).









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